Bienvenue à la vingtenaire Academy!
Ils sont dans la vingtenaire academy
Alors, lecteur, à toi de voter pour choisir qui sera le nouveau vingtenaire!
Le règlement
J ‘ai pas eu à chercher bien longtemps pour dénicher le plan drague le plus foireux qu’on m’ait fait. En effet, celui-ci m’a marqué et reste malgré tout un bon souvenir, car il me ramène à une période de ma vie que j’ai plutôt bien vécu pour d’autres raisons.
Je plante le décors rapidement et vous présente les sympathiques protagonistes de ce petit bijoux de drague. J’étais stagiaire dans un lycée et durant deux mois cantonné dans un internat de filles. Le soir je mangeais avec la pionne, le seul garçon de la pension et toutes ces charmantes demoiselles, mignonnes mais exubérantes et usante à la longue. Le jeune homme était lui, le copain de tout le monde et n’en manquait jamais une pour se faire remarquer. Je mangeais sur la table de la surveillante et du gars et le courant passait plutôt bien. De jour en jour, elle, me posait de plus en plus de questions du genre : comment s’est passée ta journée ? comment avance ton projet ? où tu habites ? comment s’appelle ta copine ? (j’en avais pas à cette époque)…après quelques jours elle se permettait même de rentrer dans ma chambre pour me réveiller le matin. Et un soir elle m’a posé la question qui allait m’être fatale, je le savais. Quel âge as tu ? c’est fou ce que la réponse à cette question a pu m’être préjudiciable dans le passé. Je fais plus vieux que mon âge et les jeunes fille sont toujours réticentes à fréquenter un homme plus jeune qu’elles. J’apprend rien à personnes. En plus cette question est toujours posée tôt ou tard dans une discussion entre deux charmants jeunes gens hétérosexuels du sexe opposé qui se rencontrent (je me jette une fleur au passage). Enfin bref, comme je l’avais prévu, à la réponse j’ai eu textuellement un : « tu ne m’intéresse pas ! ». ça c’est fait !
A la fin du repas je suis reparti dignement dans ma chambre, sans me retourner, la queue entre les jambe et elle pouvait pas être ailleurs de toute façon. C’est ça l’art de passer pour un con sobrement et en restant serein.
Mais attention lecteur, tu n’as encore rien lu (je me permet de te tutoyer). Quelqu’un avait décider d’en rajouter une couche et de m’achever, moi, un homme , un genoux déjà à terre, blessé. En effet, un soir, je rentre dans ma chambre et aperçoit une lettre glissée sous ma porte. Une déclaration ! on me faisait une déclaration du genre : « je t’aime depuis l’instant où je t ai vu rentrer dans le réfectoire (c’est classe). Tu es beau avec ta veste en cuir…je t’attend dans la chambre à côté si tu le veux bien. » peu importe qui c’était, je ne comptais pas le faire et encore moins quand j’ai vu que c’était roméo qui me déclarait sa flamme. Le seul gars de l’internat (oui moi aussi je trouve ça louche maintenant, mais je suis naif) avec qui j’avais plus ou moins sympathisé…bref, s’en est resté là et j’ai gardé son secret parce qu’il me l’a demandé. Sa démarche était courageuse quand même, non ?
J’ai pris une habitude assez désastreuse depuis quelques années , qui est de m’enticher d’une fille « trop » , c’est a dire que je la trouve tellement bien que je ne tenterais strictement rien avec elle dans l’absolue certitude que dans le cas contraire , je me verrais opposer un niet cinglant et terriblement éprouvant pour mes pauvres nerfs déjà durement éprouvés .
D’un je suis aussi sur de moi qu’un Parkinsonien au milieu d’un musée du verre , de deux je supporte aussi bien de me faire envoyer bouler par une fille que de me planter une cuillère a café dans l’œil .
Réflexions faites , je n’ai jamais essayé mais je préfère dans le fond la cuillère a café a me faire jeter .
J’ai fait la connaissance d’Elsa en observant la drague ouvertement explicite que lui faisait un type sur un forum que je gérais . Déjà a l’époque j’ai eu envie de m’immiscer dans la partie , découvrant cependant rapidement que celle ci était trop entamée pour que quoique se soit de raisonné puisse être sous quelque forme que se soit tenté .
2 années passèrent , durant lesquelles je gardais un œil sur la situation d’Elsa et de son mec (nommons le Seb , c’est bien) , situation qui n’avait pas tardé a se dégrader au point que les 2 , ne se parlant plus , s’échangeaient des vacheries par mon intermédiaire , qui n’en demandait pas tant mais rigolait bien en voyant pour une fois un autre que moi se plomber lui même aussi allègrement qu’un témoin dans une affaire de mafia Sicilienne .
N’y tenant plus et ayant en stocks de sombres histoires de son ex a lui narrer (ce qui ne pouvait que nous rapprocher) , je rencontrais un beau jour Elsa , ayant réussi a l’attirer dans mon antre sur une promesse de crêpes , ce qui je l’avoue était un moyen non seulement rudimentaire de drague mais qui m’était également jusque la encore inconnu .
J’ai depuis pris l’habitude d’avoir toujours un sachet de crêpes en stock chez moi .
Elsa ayant eut la désobligeance de passer outre le fait qu’une couche particulièrement peu engageante de champignons flotte dans mon sirop d’érables (j’ai un problème avec la notion de date de péremption) , elle accepta de revenir en compagnie de son nouveau copain a une soirée gentillette que j’organisais chez moi , en compagnie de François que j’avais convaincu de ne pas rester chez lui un samedi soir .
Je me le mets en pense bête : ne plus jamais convaincre un ami de ne pas rester devant sa télévision .
La soirée se passa particulièrement bien , si j’omets le fait que le copain d’Elsa semblait nous observer avec l’air d’une personne ayant enfin trouvé quel usage elle allait pouvoir faire de sa nouvelle tronçonneuse , du fait qu’ayant dit mon intention de partir en collocation a la fin de l’année scolaire , Elsa ait suggéré a son copain de reprendre mon appartement (dur de garder le sourire quand dans sa tête on hurle « ça ne vas pas non ? Personne d’autre que moi ne fera des cochonneries avec toi dans MON appart ! ») , et que François ait récupéré je ne sais comment le mail et téléphone de la belle .
Réflexions faites : Cette soirée était un désastre pour ma pomme , mais j’ignorais encore a ce moment la l’étendue des dégâts , Tchernobiliens disons le …
J’ai commencé a comprendre la tournure improbable des évènements quand 2 jours plus tard , François organisait a son tour une soirée crêpes (voleur de concept !) en compagnie de la belle , a laquelle je ne pouvais me rendre bloqué par un restau anniversaire auquel j’étais tenu par un devoir d’amitié .
J’ai passé la soirée a me morfondre en conjonctures sur ce qui se passait chez François , me rassurant par de naïfs « non , de toute façon il n’est pas intéressé , il est juste gentil , mais oui , bien sur » qui sonnaient étonnement faux jusque dans ma tête .
C’est quand ils m’ont rejoint au billard qu’il m’est apparu que la mission Apollo 13 avait été en son temps moins dans la merde que ma pathétique personne dans son éventuel espoir d’heureux dénouement avec une Elsa . Une complicité aussi éclatante qu’embarrassante était née (le divin enfant) entre eux , la pioche de Sharon Stone ne pouvant a l’évidence n’être d’aucun recours pour se débarrasser d’un pote devenu effroyablement encombrant .
Après quelques péripéties et des soirées ou mes amis me tançaient sur des « Nooon ? Ce n’est pas elle quand même ? Ah merde , la c’est foutu … » , au point que j’en venais a draguer misérablement l’amie de ma voisine pour apparaître moins looser que je ne le transpirais ( j’ai cherché le pistolet qui abrègerait mes souffrances quand cette dernière m’envoya bouler sur un « Désolé mais c’est François qui me plait … ») , l’inévitable se produisit et Elsa sortie avec François .
J’entamais des lors une grève de la soirée crêpes qui , au bout de quelques jours , aboutit a une ambiance si électrique qu’Elsa choisi de quitter le François , ce qui vous vous en douterez m’attrista au plus haut point …
… Pour éviter tout risque de rechute , je faisais tout pour que ce dernier sorte avec l’amie de ma voisine qui m’avait éconduit , avec succès .
A peine avais je eu le temps de protéger mes arrières que Elsa avait dans une nouvelle fuite en avant tombé a bouche raccourcie sur mon voisin . Lorsque mon ami Fabien , dans le but certes louable de me consoler , m’envoya le sms « oublie la , elle en vaut pas la peine » , les passants de ma rue eurent l’étrange vision d’un téléphone portable volant dans les airs et s’écrasant sur la façade de l’immeuble en face de chez moi …
De toute façon , Fabien avait raison . Elle n’en vaut vraiment pas la peine .
C’est d’ailleurs sans doute pour cela qu’il sort aujourd’hui avec elle , a son tour …
Ce pourrait être un titre de livre ou de film retraçant ma très courte vie (pour l’instant j’entends).
Et pourtant, après maintes occasions gâchées pour des raisons toujours très obscures, je dois me rendre à l’évidence… Je ne sais pas draguer. Et je dois ici le révéler à la terre entière. Dur dur ce concours de la « vingtenaire academy ».
Alors bien évidemment, quand c’est comme ça, on demande conseil autour de soi.
« - Dis moi, mon brave, comment t’as réussi à choper en un seul regard la fille la plus charmante de la soirée, quand moi je galère depuis trois heures avec une qui est à peine regardable ? » (oui y a des niveaux de filles selon le visuel c’est comme ça, faut s’y faire).
Et lui de m’expliquer trente mille théories sur le regard que je ne comprends qu’à moitié, mais décide néanmoins d’appliquer sur ma proie.
Non, pas la fille à peine regardable, parce qu’au final, elle n’était pas écoutable non plus (deuxième niveau d’estimation selon le timbre de voix cette fois ci) mais sur une petite beauté (d’après moi, parce que ma petite beauté s’avère être une petite laideur selon les autres) qui hante mes heures de cours en amphi.
Donc pendant trois longues semaines, j’applique la théorie du regard intense (technique qui m’est restée au final, quitte à paraître psychopathe limite effrayant). Je fixe la demoiselle pendant de longues minutes, et attend tout simplement qu’elle me rende un sourire en échange.
Après donc trois longues et veines semaines de dragage de regard, j’allais baisser les bras (et les yeux surtout) lorsque, sans que je ne m’y attende, le hasard fit en sorte de ne laisser qu’une place de libre à mes côtés lors de son entrée en amphi.
La belle (ou la bête selon les avis) n’avait donc aucun autre choix que celui de s’asseoir à mes côtés, et je me décidai donc à lui montrer quel beau parti j’étais.
La fille s’installe donc à mes côtés, elle sort ses cours, ses lunettes qui lui donnaient cet air important que j’adorais, me regarde, me sourit (oh putain!!!!! Elle m’a souri!!!! Oh putain elle m’a souri!!!! Oh putain elle m’a souri!!!!!!!) et se met à suivre le discours de notre professeur de droit.
Moi je suis à côté, je trépigne, je suis à moitié anesthésié par son parfum et je dois absolument trouver quelque chose à lui dire.
En dix secondes je me rappelle les phrases cultes de mes films d’amour préférés (genre Piège de cristal, Rocky 3, Les Visiteurs et Le Dîner de cons) et décide finalement de les éviter parce qu’une déclaration du genre « je suis votre éternel abonné et jure de vous donner descendance » risquait de la faire fuir.
Les minutes étaient en train de s’écouler comme jamais en cours de responsabilité civile, quand soudain, l’illumination me vint.
« Excuse moi, tu as remarqué qu’on avait le même stylo ? ».
Cette phrase continuera longtemps à me hanter, et je reverrai dans mes pires cauchemars la figure de la demoiselle terrorisée par cette question.
Mes chers amis, voici l’histoire de l’un de mes plans dragues les plus foireux...L’adjectif foireux me semble bien faible, tant l’échec fut cuisant et sa genèse cocasse !
Pourtant, tout avait bien commencé ! Un beau matin d’automne, en quittant mon studio pour me rendre en cours, je croise dans la cour intérieure de ma résidence étudiante, une locataire que je n’avais pas encore aperçu jusque là.
Love at first sight je ne sais pas, mais j’en ai été quitte pour une « fracture nette de l’oeil droit » tant la demoiselle était à mon goût ! Je continuais donc mon chemin tout guilleret, heureux de savoir qu’il y avait parmi mes voisins, une jeune fille aussi charmante.
Premier point positif : son « bonjour » paraissait sincère. Cela peut paraître anodin mais pas tant que ça, car certaines personnes de la résidence ne prennent même pas la peine de dire bonjour, pas même d’y répondre certaines fois et encore moins de sourire ! Bref, si jeunes et si aigris, certains individus sont navrants !
J’ai par la suite recroisé quelque fois cette fille et j’avais le sentiment qu’il se passait un truc quand nos regards se croisaient ! Ceci dit, j’avais un peu peur de souffrir d’érotomanie en interprétant ses sourires, ses salutations... Elle était toutefois devenue une sorte d’idée fixe, ce qui peut rapidement deveni très frustrant si on n’y remédie pas en prenant les choses en main.
Et là, le destin m’a tendu la main puisqu’alors que je descendais mon linge un week-end au local à lessive, j’ai eu l’agréable surprise de l’y trouver ! Et là, forcément pour quiconque a regardé des séries américaines pendant son adolescence, le plan drague paraît évident.
Je me dis que je ne peux pas laisser passer ma chance. Je décide donc de me présenter à elle « Voilà, moi c’est Lucas, j’ahbite au deuxème étage, et je crois qu’on est voisins ». A ma grande surprise, la voilà qui éclate de rire ! Je me sens très gêné et je lui demande les raisons de son fou-rire. Elle me répond que cela lui rappelle une chanson... Sur le coup, je n’y comprends rien et je me dis qu’elle se paie ma tête. Mais la voilà qui me fredonne « My name is Luka I live on the second floor, I live upstairs from you Yes, I think you've seen me before”.
J’éclate de rire à mon tour ! Effectivement, je n’avais pas fait le rapprochement avec la célèbre chanson et elle a donc du croire que je me moquais d’elle en disant que je me prénomme Lucas. Je suis donc rassuré, on poursuit la discussion... Et après tout, femme qui rit, à moitié dans ton lit, n’est ce pas ? Je fais donc connaissance avec Elsa dans la bonne humeur pendant que son linge sèche...Dans la conversation, elle me demande notamment si je suis un ami d’Hugo(autre locataire), ce à quoi je lui réponds par l’affirmative...Sur le coup, je ne me doutais de rien. Je suis trop occupé à faire mon Casanova à la petite semaine. Casanova qui cet aprem, là, est reparti tout content dans son studio avec le numero et le msn de la demoiselle ! Bref, avec Mr Pringle je suis un Winnnneer !
Peu de temps plus tard, j’ai invité cette fille à boire un verre. Ravi qu’elle ait accepté, je me prépare. Je me fais beau, je prends mon temps sous la douche, devant ma glace à faire ma plus belle coupe de cheveux, à choisir ma plus belle chemise et à hésiter sur le jean Diesel à mettre ! Le temps passe plus vite que prévu, mais je gère ! Je suis le Roi pour arriver ni à l’avance ni en retard...
Me voilà prêt, je sors de chez moi : ultrabright, sourire colgate, propre des peids à la tête, look de jeune premier, up to date ! Et en plus je sens bon le Lolita Lempicka pour mâle. Bref, ce soir je serai le plus beau pour aller sexer, sexeeer !
Je marche donc d’un pas très rapide pour être à l’heure à mon rendez-vous galant et sur mon chemin se dresse une vieille dame. Pour l’éviter et ne pas perdre de temps, je m’approche de l’arbre. Et là, je sens quelque chose sous ma semelle ! Je me dis alors que c’était le tas de feuilles et rien de plus. L’automne c’est la saison des amoureux après tout, non ?
Puis une effroyable odeur vient me châtouiller le nez : oui mesdames et messieurs : j’ai marché dans une MERDE DE CHIEN ! Ou une déjection canine, pour rester correct !
Sur le coup, j’ai maudit le vilain cabot, auteur de cet acte terroriste ! Vu le calibre de la déjection en question, il ne devait pas s’agir du caniche à sa mémère !
Bref, les dégâts semblent importants. Je vais avoir du mal à me débarrasser de cette odeur et je décide donc fissa de rentrer chez moi pour changer de souliers. Je préviens la miss de mon retard en inventant une excuse bidon. Oui, parce que la déjection canine pour le premier rendez vous ça le fait moyen quand même. Je me dépêche donc de tout mon possible pour éviter que le retard ne soit trop conséquent... Ce sera peine perdue : j’arrive avec 35 minutes de retard au rencard, ce que ma compagne du soir n’hésites pas à me faire remarquer ! Le tout avec des 45 tours sous les aisselles... Bref, le plan loose intégral ! Qu’à cela ne tienne, la donzelle est définitivement ravissante et la soirée paraît tout de même prometteuse !
C’était sans compter sur son caractère de cochon(du moins c’est ce que je croyais). Froide et distante, je la sens revancharde ! Jamais un petit mec ne lui avait infligé un tel affront probalement...La soirée a donc été totalement catastrophique et il m’est clairement apparu qu’on avait pas grand chose en commun...Devant sa froideur, je deviens nerveux et j’ai bien failli faire tomber mon verre à deux reprises ! J’ai le sentiment d’être...à côté de mes pompes !
Nous reprenons alors le chemin de la résidence et je me dis qu’il est quand même grand temps de faire preuve d’un peu d’audace et de panache ! Je lui propose donc de boire un dernier verre chez moi. La réponse est sèche, sans appel, tranchante comme une guillotine « Ecoute, je te trouve très sympa mais je crois qu’il vaut mieux en rester là ».
Moi qui voulait sexer, je rentre donc penaud chez moi... J’ai fini la soirée devant les déhanchements de Tera Patrick puis ceux de Morphée(la coquine ultime).
Puis plus de nouvelles de cette chère Elsa, jusqu’au jour ou elle décide de me parler sur MSN. Elle m’avoue alors le poteau rose : elle a accepté de boire un verre avec moi dans l’espoir de mieux me connaître pour pouvoir approcher mon ami Hugo... Pas rancunier mais tout de même vexé comme un poux , je lui donne tout de même le numéro dudit Hugo puisque de toute façon il était clair que j’étais grillé !
Je veux bien être un looser mais un looser avec du panache, s’il vous plaît ! Autant faire croquer les amis !
Pour la petite histoire : ils ont été ensemble pendant 2 mois. Elsa en a fait voir de toutes les couleurs à mon infortuné ami. Elle s’est avérée être une vraie garce, ce qui m’a réconcilié avec nos amis les chiens... Car qui sait ce qui serait arrivé si je n’étais pas arrivé en retard à ce rendez-vous ?
Bon, j'aurais adoré vous raconter un plan drague foireux bien croustillant, avec force détails graveleux et du Pierre Richard à toutes les lignes. Seulement voila.. pour tourner ça de manière comique et passionnante, il faut avoir un peu de temps ou beaucoup de talent. Or je pars bientôt en missioooooon, jusqu'à samedi, alors en ce qui concerne le temps, c'est mort… Du coup je me réfugie sur mon talent passé. Oui, oui, mon talent. Ah bah oui hein, je vais pas jouer les faux modestes. "L'humilité, c'est le top de la frime" dixit Didier Super. Comme il a raison le brave homme.
De fait, ça m'arrange bien que mon plan drague le plus foireux ait été réalisé sous forme épistolaire car le copier-coller vient à ma rescousse. D'aucuns diront que je triche et ils auront raison. J'assume pleinement ce choix et j'ai même envie de dire que j'emmerde sereinement tous les cassandres rase moquette.
Mon plan drague le plus foireux fut également le plus court. Peut être pas le plus intense mais la chute m'a bien fait marrer. Enfin j'avoue que sur le coup ça m'a plutôt fait rire jaune…
Donc dans ce plan drague foireux, tout a commencé avec une lettre de ma part.
Mademoiselle,
Mademoiselle…
Fut un temps où la jeunesse se complaisait dans la lecture des aventures sirupeuses de Werther chez Charlotte, pour le plus grand plaisir de Goethe qui y gagnait ainsi son pain quotidien.
Fut un temps où la jeunesse éprise de sensations et de sentimentalisme se réfugiait dans la littérature saine et édulcorée écrite à son intention par de vieux barbons aussi malins que libidineux.
Fut un temps donc où la jeunesse dorée, shootée à l’odeur du livre et à la beauté de celui-ci, pouvait vaquer insouciante et légère sans risquer l’abêtissement télévisuel.
Hélas! tout cela est fini.. Dorénavant le champ des possibles est élargi. La séduction vient parfois s'éventrer sur les récifs de la "choppe" ou s'échouer, langoureuse, sur la plage des regards complices. Entre les deux, spectre est large et elle part donc sur des chemins modernes et magiques : une main frôlée, un sourire retenu, un coin de l'œil plissé, et des sous entendus. Quelle richesse.
Pourtant, aujourd'hui, j’enfile ma combinaison de gros reac avant l’heure. Je vous écris des phrases précieuses et snobinardes tout droit venues d'un autre temps. Je me regarde écrire comme d'autres s'écoutent parler.
Contre moi-même, je m’insurge et je pleure, je tempête et je ronchonne. Mais comme je suis un homme, je me reprends, sèche mes larmes, prend les armes et part, le regard conquérant et le verbe guerrier, faire preuve d’un peu de panache dans un monde sauvage. (NB : alors là, vous êtes sensée feindre l’évanouissement spontané, le rougissement dégradé, et murmurer une petite phrase du genre « Comme il l’air foooort ». Attention, c’est à vous. )
Comm’il a l’air fooooort…
Vous faîtes ça teeeellement bien.
Et là bien sur je profite sournoisement de votre pamoison pour vous poser une question.
Dans un monde où la moindre originalité est vue comme une insulte par la masse bien-pensante, où l’incongru et le fantasque sont des bannis tristes et voyageurs, où l’inconvenant n’a plus droit de cité si ce n’est en 3 mots,
Dans un monde où l’on se retient de chanter la Traviata à une demoiselle qui descend à Opera, où les bus n’ont plus de mezzanines à l’arrière, où la fatalité a bon dos et les relations humaines ne le sont plus vraiment,
Dans ce monde où l’on se demande si quelqu’un a encore le monopole du cœur, si le cynisme, la lassitude et l’apparence ne fomentent pas un coup d’Etat, si l’émotion, la douceur et le chic ont encore leurs passeports diplomatiques...
En ce monde étrange et tonitruant, croyez-vous qu’il y ait encore de la place et du temps pour vous proposer de partager une tarte aux poires et une bouteille de vin blanc, au Champs de Mars ?
Hein ?
Je vous le demande…
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